L’Établissement public du Marais poitevin (EPMP) porte des actions d’amélioration de la connaissance sur la qualité de l’eau du Marais poitevin avec l’aide financière de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Ces actions sont inscrites dans la disposition 7C4 du Sdage et alimentent entre autres le dispositif de suivi de la biodiversité en lien avec la gestion de l’eau (https://www.epmp-marais-poitevin.fr/etude-biodiversite/) et l’observatoire du patrimoine naturel du Marais poitevin (https://biodiversite.parcmaraispoitevin.fr/parametresenvironnementaux/).

L’EPMP met en ligne un rapport qui présente les données de plus de 250 molécules de micropolluants recherchées 6 fois par an depuis 2023 sur 17 sites de la zone humide (dont la RNN de Saint-Denis-du-Payré dont le suivi est assuré par le gestionnaire).
Plus de 25% des substances ont été quantifiées au moins une fois. Que ce soit en taux de quantification ou en concentration cumulée, 3 sites semblent moins touchés, tous en contexte prairial et sur trois bassins versants différents : Les bas de Longeville à l’extrême ouest de la zone humide, la RNR de la Vacherie à Champagné-les-Marais et le marais de Sainte-Christine à Benet. Les stations qui présentent les plus fortes concentrations cumulées sont, à l’inverse, majoritairement cultivées, comme le canal du Ribandon à Saint-Michel-en-l’Herm, le marais-haut à Chaillé-les-Marais ou sur les polders du nouveau desséché à Puyravault.
Cet échantillonnage ne cible pas les pics liés par exemple au lessivage des sols après une pluie et semblent plutôt représentatifs d’un signal de fond. Toutefois, certaines fortes concentrations cumulées de pesticides sont observés ponctuellement comme sur Nuaillé amont à Angliers.
Parmi les pesticides qui prédominent dans la majorité des sites, les herbicides sont les substances les plus largement rencontrées avec en premier lieu les métabolites du metolachlor, du glyphosate et de la diméthénamide retrouvés presque partout. Un molluscicide, le métaldéhyde, apparaît dans 65% des stations.
Les sites sont aussi largement contaminés par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composant d’insecticides mais aussi issus de combustions incomplètes (véhicules, chauffage) avec 1 à 14 substances quantifiées sur les 17 sites observés.
Les PFAS ont également été recherchés mais à une seule reprise et deux molécules ont été quantifiées sur 4 des 17 stations étudiées.
Il serait intéressant d’analyser ces données en fonction des bassins versants, des assolements ou des types de marais, et de les comparer aux données littorales pour mieux comprendre la circulation des polluants jusqu’aux exutoires et préciser le rôle épuratoire de la zone humide. En ce sens, l’EPMP engage une démarche observatoire dans le nouvel accord de territoire cadre pour centraliser et interpréter les données sur la qualité de l’eau afin de présenter des éléments synthétiques et de mieux comprendre le fonctionnement de la zone humide.
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